Vendredi 26 août
J'apprécie cette journée de marche à travers un paysage boisé et verdoyant. Je m'accorde la pause de la mi-journée près de la toute petite église ( romane, toujours ) de Saint-Félix, dans sa niche de verdure. La paroisse ne doit pas être bien riche car les chaises sont en tube métallique, comme à la cantine. J'y retrouve Renata mais aussi un énergumène qui porte deux sacs à dos, le moins gros est rempli de livres de prières. Il avale, lui aussi, ses cinquante kilomètres quotidiens. Belle santé !
En compagnie de Renata, je m'arrête pour boire un café dans une auberge à proximité : la télé est allumée et déverse un programme d'infos gratiné : un incendie dans un immeuble qui a fait dix sept morts, des inondations monstrueuses en Allemagne et en Suisse. Tristesse.
Figeac, la ville natale de Champollion, est terminus pour Gabriel mais aussi pour Renata. Je la croise justement en me promenant dans les rues du centre historique de la vieille ville, elle me propose de l'accompagner au Carmel où elle a réservé sa chambre. J'accepte par curiosité et pour rester un peu avec elle car j'apprécie sa compagnie. Le Carmel est une très vieille bâtisse en mauvais état. A l'heure actuelle, y vivent encore cinq religieuses très âgées. Nous faisons la connaissance de Carmen, l'hospitalière espagnole, qui nous accueille dans sa minuscule cuisine-salle à manger où elle nous offre une collation. Pour des questions d'horaires imposés par le réglement du Carmel, Renata renonce à sa chambre pour me rejoindre dans mon gîte mais nous acceptons l'invitation à dîner de Carmen.
Nous y faisons la connaissance de Rudolf, un prêtre allemand de soixante-neuf ans. Il est sympathique et souriant mais ne parle ni anglais ni français. Comme je ne connais pas l'allemand, nous échangeons en espagnol et, de ce fait, je l'appelle Rudolfo, ce qui l'amuse beaucoup.
Chaleureuse soirée qui doit beaucoup à Carmen, si gaie et si généreuse. Elle habite Logrono, dans la Rioja, où elle exerce la profession d'éducatrice spécialisée. Elle vient de passer un concours difficile pour se consacrer aux enfants gravement handicapés et réserve chaque année une bonne partie de ses congés à l'accueil des pélerins. Elle sera peut-être chez elle à la date où j'y ferai étape et me laisse ses coordonnées plus quelques recommandations sur divers gîtes espagnols.
Dans les rues qui nous ramènent au gîte, la conversation se prolonge avec Renata. Elle me confirme ce dont je m'étais rendu compte par moi-même : le début d'une idyle avec François II. Il est déjà rentré chez lui, dans l'Ouest de la France, depuis quelques jours mais ils doivent se retrouver demain à Lyon.
Nous nous sommes trouvé beaucoup d'affinités et avons échangé nos adresses. Adieu, Renata, n'oublie pas d'être heureuse.
Chantal, la passante de Compostelle.












Derniers Commentaires